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Métier

La carte professionnelle : pour qui, pourquoi, comment ?

Révolution dans l’accès à la profession : la carte professionnelle est un nouveau dispositif qui se substitue à l’autorisation préfectorale d’exercer et à la vérification de l’Aptitude professionnelle (CQP ou certificat par équivalence). Désormais, pour travailler dans les métiers de la surveillance humaine et électronique, du transport de fonds, de la protection physique des personnes, de l’activité cynophile ou de la sûreté aéroportuaire, il faudra montrer patte blanche et faire une demande de carte professionnelle auprès de la préfecture de son domicile. Le personnel déjà en poste a jusqu’au 31 mars pour déposer son dossier. La carte, valable pendant cinq ans sur tout le territoire français, est dématérialisée : elle est représentée par un numéro alphanumérique. Chaque entreprise fournit ensuite à ses agents de sécurité un badge portant le numéro de la carte professionnelle. Il doit être présenté en cas de contrôle par les représentants de l'Etat. Deux conditions sont indispensables pour décrocher ce sésame : moralité (au sens du casier judiciaire) et justification de l’obtention de l’aptitude professionnelle (CQP ou aptitude par expérience). Attention, après le 31 mars, si la demande n’a pas été déposée, salarié et entreprise seront passibles de sanctions.

Pourquoi former les dirigeants d’entreprises de sécurité privée ?

Répondre à une obligation légale (loi du 18 mars 2003 sur la sécurité intérieure) et préparer les managers de demain, tel est le double objectif que poursuivent Claude Tarlet, président de l’Union des entreprises de sécurité privée (USP), et Pierre Monzani, directeur de l’Institut national des hautes études de sécurité (INHES), dans le partenariat qu’ils viennent de signer sur la formation destinée aux dirigeants des entreprises de sécurité privée. Une formation devenue aujourd’hui indispensable, d’une part pour assumer les nouvelles exigences économiques, financières, sociales, éthiques et déontologiques de ce secteur en plein développement et d’autre part, pour encadrer l’évolution des personnels et des agents de sécurité au moment où la profession prévoit 100 000 nouveaux recrutements d’ici à dix ans. Prévue dans la loi du 18 mars 2003, l’obligation de disposer d’une aptitude professionnelle pour les dirigeants des entreprises de sécurité privée n’était formalisée jusqu’à présent par aucun dispositif homologué. Grâce à ce partenariat, les entrepreneurs auront accès à une formation concrète de cinq jours, validée par l’INHES. À l’heure actuelle, ce dispositif attend d’être validé par l’État. Affaire à suivre.

Quelles pistes pour améliorer la sécurité urbaine ?

Comment optimiser les liens entre sécurité urbaine et partenariat privé/public notamment en matière de vidéoprotection ? C’est autour de cette question que Brice Chambard, directeur national des marchés publics d’ADT France et auditeur à l'Institut national des hautes études de sécurité (INHES) a réuni en février quatre experts* de sécurité publique et privée. Tous sont d’accord sur la nécessité d’une politique nationale volontaire et comprennent le désarroi des maires face à cette question. D’où l’idée de leur fournir une boîte à outils pour les aider. Ils insistent sur le fait qu’une vision globale minimiserait les coûts et permettrait un meilleur contrôle des installations actuelles. Quant aux pouvoirs de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, il faut les renforcer. Du côté de l’État, la volonté est clairement de promouvoir la vidéosurveillance en la simplifiant, en la finançant et en l’accompagnant. Cette mise en place repose sur une confiance mutuelle, ce qui suppose une charte éthique et un langage commun à créer rapidement. En conclusion, les intervenants sont revenus sur le dynamisme indéniable du secteur de la sécurité avec 100 000 emplois à pourvoir d’ici à dix ans.
Voir ces débats sur www.securite-privee.tv

* Claude Tarlet, président de l'Union des entreprises de sécurité privée (USP) et vice-président de la Confédération européenne des services de sécurité (CoESS) ; Philippe Leriche, dirigeant du Comité de pilotage stratégique pour le développement de la vidéoprotection ; Richard Olszewski, maire-adjoint honoraire de Roubaix, conseiller délégué à la gestion des risques (communauté urbaine de Lille), vice-président du Forum européen pour la sécurité urbaine, consultant et enseignant en sécurité publique et Dominique Legrand, président de l’Association nationale des villes vidéosurveillées (AN2V).

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