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26 juillet 2022
Modifié le mercredi 27 juillet 2022 17:06
Décryptage

Sécurité des chantiers, une surveillance accrue

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Lors des opérations de maintenance ou de tout type de travaux conduits sur des chantiers, les entreprises de sécurité privée ont pour objectif de prévenir tout risque d’accident. Cela suppose un travail de coordination et des intervenants aguerris.

Sur un chantier, la survenue d’un événement, comme un départ de feu, un accident professionnel ou une intrusion peut avoir des conséquences significatives en matière de sécurité comme de sûreté. Seules des actions de prévention appropriées réduisent le nombre d’accidents du travail et les pertes financières, quelles que soient la nature et la durée prévue des travaux.

Les chantiers, dans le secteur naval comme dans le bâtiment et les travaux publics, sont ainsi dans une approche sécuritaire et budgétaire des solutions à mettre en œuvre.

« La complexité de la mission dépend du type de chantier sur lequel nous intervenons. Si le chantier est bien clos, bien fermé, nous maîtrisons mieux. Si le chantier est un navire ou un immeuble en construction, nous nous appuyons sur les plans de prévention et nous faisons de la coordination », observe Bernard Danus, expert Qualité, hygiène, sécurité, sûreté et environnement (QHSSE) Securitas France.

Une multitude de risques potentiels

L’idée première est de définir les risques en amont, en collectant les plans de prévention de tous les intervenants. Sur des chantiers de l’État, les opérations sont particulièrement réglementées. La sécurisation combine des services de surveillance humaine à des services d’alerte intrusion. Dans les raffineries, les fonderies, les chaînes automobiles notamment, qui fonctionnent en 3/8 (des équipes différentes qui travaillent toutes les 8 heures), la surveillance des interventions extérieures, dont la durée est déterminée, doit fonctionner 24 heures sur 24.

« La nuit, il faut être plus vigilant car l’activité du site est en flux tendu. Les opérations de maintenance ou de réparation requièrent des mesures particulières, car l’attention a tendance à baisser », fait remarquer Bernard Danus.

Toutes sortes de risques exceptionnels peuvent être envisagés, en plus des risques courants que sont les chutes de plain-pied, les chutes de hauteur, les risques électriques et les risques mécaniques (une porte automatique peut se révéler être un piège en cas de dysfonctionnement).

Le préventeur au cœur de la sécurisation des chantiers

Il revient au préventeur d’établir la liste la plus précise possible des risques et de contacter en amont les prestataires retenus par le maître d’ouvrage. Le préventeur accompagne les différentes entreprises, en veillant à l’adéquation entre les risques recensés et la façon dont elles vont intervenir sur le chantier, selon le corps de métier, l’ordre et le lieu. « Le but est zéro accident », résume Bernard Danus.

Pour notre client la Marine Nationale, il nous est arrivé de devoir sécuriser un outil de fermeture d’un bassin de carénage. Il s’agissait d’un très grand navire dont l’arrêt technique a nécessité au préalable, l’établissement d’une carte d’identité et d’un plan de management des risques extrêmement élaboré.

Généralement, sur un chantier naval de ce type, nous identifions plusieurs locaux confinés. Dans ce cas, nous préconisons l’emploi d’appareils de mesures de la concentration de l’air de différents gaz comme le sulfure d'hydrogène, l’oxygène, etc. Il arrive également que soient utilisés des caméras thermiques ou des thermo-scanners, pour détecter les éventuelles augmentations de température in situ afin de prévenir un départ de feu.

La surveillance des chantiers, une mission colossale

Securitas déploie des dispositifs sécuritaires pour le compte de clients prestigieux, la Marine Nationale, les Chantiers de l’Atlantique, les Chantiers navals de Marseille. Securitas est intervenu sur l’énorme chantier du centre commercial Muse, dans le cadre de l’extension du centre Pompidou de Metz ou sur le renflouage du Napoléon Bonaparte, le ferry de la SNCM échoué dans le port de Marseille, par exemple.

Pour Naval Group, Securitas veille actuellement, à Brest, à la sécurisation des travaux d’entretien et de réparation décennale du sous-marin Le Terrible, mis en service en 2010. Un chantier qui représente 2,5 millions d’heures de travail pendant près de deux ans (2021 et 2022), et qui mobilise au total 45 entreprises. La mission porte sur un premier volet de surveillance de ce site sensible, afin d’éviter tout risque d’intrusion ou d’actes de malveillance, et un second volet sur la prévention des risques, d’incendie, de levage d’engins, de chutes de charges, d’emploi de produits chimiques et de co-activité des différents intervenants.

Les préventeurs et les agents de sécurité Securitas mobilisés, contrôlent les espaces et l’organisation complexe du chantier. Des permis de travaux sont délivrés selon un code spécifique, de façon à savoir en temps réel qui opère sur le chantier, et où. De même, les personnels qui travaillent à bord du sous-marin sont tous équipés d’une puce de radio-identification (RFID) sur leur casque de chantier. Cela permet aux secours de connaître précisément le nombre de personnes se trouvant sur place en cas d’évacuation. Les préventeurs diffusent également des messages de sécurité et toutes les consignes journalières à destination des différents intervenants.

Sécuriser un chantier nécessite donc de prendre en compte les caractéristiques propres à chaque site pour anticiper et coordonner la sûreté et la sécurité avec une grande vigilance.

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