AccueilSûretéDonner une place prépondérante à la sécurité privée dans la protection de la nation
11 mars 2021
Modifié le jeudi 11 mars 2021 10:07
Interview

Donner une place prépondérante à la sécurité privée dans la protection de la nation

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Les acteurs de la sécurité privée attendent du Livre blanc de la sécurité intérieure, paru le 20 novembre dernier, qu’il clarifie leur rôle et élargisse le partage des prérogatives avec la police et la gendarmerie. Éclaircissements avec Francis Serrano, directeur des relations institutionnelles chez Securitas France.

Qu’est-ce que le Livre blanc de la sécurité intérieure  ?

Francis Serrano : Le Livre blanc de la sécurité intérieure est un document de prospective qui, au travers des 200 propositions qu’il énonce, entend penser la sécurité de demain et relever les défis sécuritaires du 21e siècle : évolutions territoriales et nouveaux enjeux liés à la mobilité, méconnaissance des institutions de la part du grand public, variété des menaces (des incivilités dans les transports au trafic de stupéfiants) et nouvelles menaces comme celles liées à l’urgence écologique, le terrorisme, ou encore les risques cyber. Il a été publié en novembre 2020 par le ministère de l’Intérieur.

L’une des pistes de réflexion, pour répondre aux besoins actuels en matière de sécurité intérieure, est le continuum de sécurité. Pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit ?

F. S. : Avec la formation insuffisante des policiers, la chute du taux d’encadrement des forces de l’ordre et la baisse des budgets alloués à la sécurité, il y a un constat clair pour tout le monde : l’État ne peut assurer seul la sécurité générale de la nation. Cela induit la montée en puissance de la sécurité privée et le renforcement du rôle des maires. Une nouvelle méthode doit également se mettre en place. Elle permettra d’augmenter les prérogatives des acteurs du continuum de sécurité et l’extension des équipements qui leur est permis d’utiliser.

Comment assurer la cohérence entre les acteurs du continuum de sécurité ? 

F. S. : Le Livre blanc propose notamment au ministère de l’Intérieur une organisation repensée, adaptée à la prise en charge des sujets liés au continuum de sécurité et ouverte à tous les partenaires.

Acteurs pivot de la sécurité dans leur commune, les maires et leur police municipale doivent voir leur rôle conforté par l’État. Le Livre blanc préconise un accompagnement du ministère auprès de ces partenaires de sécurité. Par exemple, cela veut dire lever les obstacles juridiques qui entravent inutilement la création de polices municipales.

Partenaire incontournable du continuum de sécurité, la sécurité privée doit quant à elle se voir confier de nouvelles compétences, mais en apportant des garanties de contrôle. Le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), qui rappelons-le est sous tutelle du ministère de l’Intérieur, est responsable vis-à-vis de la sécurité privée, du contrôle de ses activités. Il vise à faire respecter les textes du livre VI du Code de la sécurité intérieure (CSI), par la profession. C’est également un partenaire de l’autorité judiciaire et des autres autorités administratives, concernées par les activités de ces entreprises. Le CNAPS est donc le garant d’une bonne coproduction de sécurité entre les acteurs publics et ceux de la sécurité privée.

Quelles sont ces compétences nouvelles à confier à la sécurité privée  ?

F. S. : C’est l’État seul qui décide des nouvelles compétences qui pourront être confiées aux acteurs de la sécurité du privée, même si les professionnels émettent quelques idées. La base de cette coproduction est la confiance, et si tout est réuni, les nouvelles missions se dessineront toutes seules en fonction des besoins, de la demande et des opportunités. Le principal est de respecter les prérogatives et les missions du public et du privé, dans le but d’être efficace sur le terrain et d’œuvrer ensemble dans l’intérêt national.

Plusieurs pistes sont possibles, comme le recours aux technologies émergentes telles que les drones, les caméras piétons, la reconnaissance faciale, la vidéoprotection sur un secteur plus large que celui autorisé à ce jour. Il n’est pas exclu que la sécurité privée puisse participer à l’échange d’informations avec les services spécialisés de l’État. Cela notamment pour lutter contre les menaces externes, et renforcer ainsi une veille sur notre territoire, au vu du contexte que nous vivons. La collaboration avec les polices municipales revêt également un intérêt. Les contours sont encore à perfectionner, mais des exemples prouvent, que lorsque chacun se coordonne, les résultats sont positifs et contribuent à l’intérêt commun.

De façon générale, qu’est-ce que le Livre blanc va changer pour le secteur de la sécurité privée ?

F. S. : Le Livre blanc a le mérite de redessiner le champ des possibles pour les acteurs de la sécurité privée, qui souhaitent jouer un rôle plus important pour la protection de la nation, et du citoyen en particulier. Ils entendent participer avec les acteurs publics au développement de dispositifs plus sûrs, plus efficaces et accessibles dans l’esprit du continuum de sécurité globale.

Les grands événements sportifs à venir, permettront à l’ensemble des acteurs, du public et du privé, de joindre leurs compétences et de proposer des solutions pour sécuriser toutes ces manifestations.

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