Un nouveau business model est-il possible ?

Après une décennie de croissance dans les années 2000, la crise de 2008 a mis en évidence la fragilité du secteur de la sécurité privée. Concurrence trop forte, pratiques déloyales et guerre des prix ont abouti à la destruction généralisée de la valeur interne et externe des entreprises.

La mise en place du Conseil national des activités privées de sécurité (Cnaps), le 1er janvier 2012, était une réaction face à cette dégradation extrême du marché, symbolisée par exemple par les banqueroutes de Néo Sécurité et de SPGO.

La profession est actuellement à un carrefour. Soit elle continue à se déstructurer et à se paupériser, au risque de perdre tout crédit et toute perspective d'avenir, soit les entreprises se professionnalisent. C’est le message adressé par Michel Mathieu, vice-président de l’USP et président de Securitas France, lors du salon Expoprotection du 5 décembre 2012.

Selon Michel Mathieu, un nouveau business model est possible si les entreprises de sécurité privée développent leurs compétences en matière de sûreté et de sécurité, réinvestissent dans l’encadrement intermédiaire, remettent en cause la demande par des offres innovantes, intègrent des moyens humains et techniques en amont et, enfin, développent de nouveaux métiers ou de nouvelles approches. Il en découlera une nouvelle forme de compétitivité basée sur la compétence et l'innovation.

Cela suppose toutefois que les entreprises clientes reconnaissent ces deux valeurs et que les visions à court terme soient remplacées par des retours sur investissement étalés sur deux ou trois ans.