Agissons

Le Premier ministre Manuel Valls l’a clairement dit devant l’Assemblée nationale : « La France est en guerre contre le terrorisme, le djihadisme et l’islamisme radical. » Cette guerre s’est ouverte pour de très nombreuses années, et elle a changé de forme. 

La sécurité privée, dans les limites des prérogatives qui lui sont données par les textes a, sinon des responsabilités et un rôle à jouer, du moins un devoir d’engagement citoyen.

Nous devons ouvrir les débats nécessaires, poser les questions taboues, mais surtout agir pour que la sécurité privée s’adapte elle aussi aux nouveaux risques terroristes.

Cette adaptation, qui concerne aussi bien les donneurs d’ordre que les opérateurs, passe par les dix points suivants :

  • le renforcement de l’information et de la sensibilisation des dirigeants d'entreprise à leur besoin de sécurité ;
  • le renforcement de l’information et de la sensibilisation des dirigeants d'entreprise de sécurité privée à la nouvelle situation ;
  • le renforcement de la technicité et de la conviction des directeurs sécurité pour qu’ils assument une position plus forte dans leur entreprise ;
  • un débat avec tous les acteurs publics et privés sur la différence entre surveillance et protection afin de faire émerger les solutions associées, tant opérationnelles que légales ;
  • le développement des moyens légaux des entreprises de sécurité privée pour lutter contre les risques d’infiltration au sein des effectifs d’agents de sécurité ;
  • un travail avec les partenaires sociaux à l’effort de sensibilisation et de mise en place de nouveaux moyens d’anticipation, de gestion, de prévention et de protection ;
  • le développement de modules de formation intégrés au Certificat de qualification professionnelle (CQP) et à la formation continue pour un nouveau type de vigilance à destination des agents de sécurité et de l’encadrement ;
  • une évolution du périmètre d’intervention de la sécurité privée afin de permettre certains types d’interventions ou de présence sur la voie publique ;
  • l’organisation des conditions de l’armement pour la sécurité rapprochée et pour les sites qui décideront de passer en mode protection ;
  • l’intégration de la sécurité privée aux plans de crise déjà en place au niveau de l’autorité publique.

Avant, il y avait la surveillance, il devra désormais y avoir la protection.

On peut rester dans la première ou choisir la deuxième, elle devient alors une version durcie de la solution de sécurité en place.

Passer de l’une à l’autre n’impose pas forcément des ruptures ou des coûts majeurs, surtout au regard de l’enjeu.